Le grand Chaitanya (41) Rupa et Sanatan
Radha Kund un haut lieu de la bhakti
Je me souviens en 1972, être tombé sur un livre dont le titre était « teachings of Lord Chaitanya » et ce qui me plaisait le plus dans ce livre, à part son format et son style un peu surranné c’était une de ses illustrations. J’avais entendu parler de Chaitanya (et c’est certainement aujourd’hui pourquoi j’en parle à mon tour afin que d’autres puissent le découvrir), et je l’imaginais…..je le voyais presque…. Sa beauté, sa couleur mordorée étincelante, ses vêtements ocres, dansant au milieu de nuages de poussière soulevée par les milliers de pieds nus de sa troupe au Bengale… ……j’imaginais le mouvement gracieux de ses bras, son visage de lune baigné de larmes d’extase et d’Amour … Si je suis hostile à une chose, c’est bien aux bondieuseries hypocrites, aux chromos, aux images saintes larmoyantes que les "religions" proposent en pâture aux fidèles, mais dans Chaitanya (ce mot lui-même signifie force vitale) rien de tout cela, au contraire, une modernité, une dynamique saine, un espoir sans pareil empreint toute sa personne et tout son environnement. Et tout cela était réuni dans une illustration du livre. Bien que dessinée au trait en noir et blanc, l’œil pouvait facilement imaginer les couleurs. On y voyait le Grand Chaitanya danser au milieu d’une foule de disciples, à Prayag (actuelle Allahabad ) seulement une quinzaine de bhaktas était représentés mais on croyait en voir des centaines bras levés vers le ciel chantant et dansant dans un détachement total du monde alentour. Chaitanya est au premier plan, son bras gauche est levé dans un mouvement elégant et le bras droit s’avance tandis que sa main est ouverte et l’on voit bien que cette main donne toute sa charité, sa compassion au monde souffrant ….mais là rompant avec la verticalité de tous les personnages on peut en voir deux étendus dans la poussière, on ne peut plus horizontaux, et c’est vers eux que cette main se tend. Leurs pieds joints, leurs paumes de mains sur le sol, ils font acte d’adoration simple, mais ce qui me plait c’est cette innocence, cette pureté, ce non calcul dans leur posture. On ne peut imaginer un geste d’humilité et d’abandon plus grand (en tout cas l’image me le montre ainsi). Ils ont entendu parler le Chaitanya, ils savent qu’ils peuvent placer leur confiance en lui, à 100 pour cent, alors à peine le voient il qu’ils tombent comme des arbres, à plat dans la poussière du sangam (A prayag trois rivières sacrées se rencontrent : sangam). Ils s’abandonnent sans réserve. Ce sont pourtant des professeurs éminents malgré leur jeune age, deux personnalités respectées du sultan mais peu importe leur prestige externe, murmurant des versets de louange ils offrent leur vie et Chaitanya les comprend et les accepte entièrement, et sa protection est complète, sans compromis. Une sublime transaction.
L’un des deux fervents de Chaitanya est Rupa Goswami et l’autre est son frère Anupama(dont je n’ai pas encore parlé) Sanatan rencontrera Chaitanya dans d’autres circonstances on en reparlera.