le grand Chaitanya (37) Le Battacharya
Le Battacharya de par sa connaissance des différents niveaux de renoncement au monde pensa que le jeune et bel ascète qu’il avait vu, transporté par les vagues d’une extase rare dans le temple de Jaganath, n’avait pas été initié au mieux de ses qualités. Comment aurait il pu imaginer que Chaitanya avait endossé l’habit safran des ermites pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec celles qui poussent les yogis ordinaires à le faire (j’en parlerais dans le passage :Chaitanya renonce au monde, une tragique séparation). Il existe 4 niveaux ( kuticaka, bahudaka and hamsa, et pour finir, paramahamsa) le pandit voulait remodeler l’initiation kuticaka reçue pour lui donner plus de chances de se défendre contre l’influence pernicieuse des fascinations de l’environnement. Il ignorait que Chaitanya était au dela des influences de la matière. Il ne savait pas qu’il était « descendu »(avatar) des sphères spirituelles pour remplir sa mission humanitaire (soulager les âmes engluées dans l’illusion pour leur faire comprendre leur vraie nature aimante et fraternelle) En donnant au jeune Maestro les puissants arguments du Véda il pensait lui offrir des armes supplémentaires pour éviter les attaques de « maya » (un leurre, une duperie qui fait imaginer a tout un chacun, que tout doit être jaugé au moyen des sens et du corps…alors que nous sommes des êtres pensants, subtils capables d’exister au niveau spirituel et sortir des chimères de l’illusion. Le yoga permet ce transfert et les Ecrits vénérables du passé sont les guides qui contiennent les conseils pour y parvenir. A cela s’ajoutent les Maestros dont les vies exemplaires servent d’inspirations aux pratiquants) C’est ainsi qu’il passa 7 jours à donner une foule de conseils au Grand Chaitanya sans avancer d’un pouce. Chaitanya est complet, il est l’incarnation de la connaissance totale, rien ni personne ne pourrait l’influencer, pourtant voyant les efforts du vieux pandit pour tenter de l’aider, il se prêta au jeu et resta attentif une semaine durant. A la demande du Battacharya il donna néanmoins sa propre explication du but ultime de l'existence et termina son discours par le fameux verset du Bhagavat Purana commençcant par « atmarama ca munayo » Ce verset dit que « même les Jnanis (yogis endurcis qui prônent le chemin de la connaissance pour obtenir la libération) bien qu’ils arrivent à un stade d’indifférence totale pour ce monde, se laisse attirer par l’Amour de Krishna tant il déploie de qualités transcendantes. » Le Battacarya abasourdi par la beauté des commentaires de Chaitanya voulut entendre le commentaire complet sur ce texte mais Chaitanya le pria de parler le premier.