Le grand Chaitanya (14) suite
Ainsi les mérites du sloka furent énumérés par Nimai et le pandit-raj (le digvajayi) en resta étourdi…
Mais comment cela était-ce possible, ce jeune homme est un génie…et quelles fautes va t’il trouver puisqu’il ne connait même pas les secrets d’alamkar ?
Et les failles du versets se révèlèrent sans que le digvajayi n’en soit vexé, tant les explications de Nimai restaient douces, convainquantes, et empreintes d’humilité.
Le plus grand érudit de la planète restait interdit, de sa vie jamais personne n’avait pu le défier et le vaincre sur le terrain des sastras ou de la poèsie.
« Nimai, qui te donne ce don surhumain pour fournir de tels commentaires ? c’est tout simplement divin ! »
Le digvajayi pensa avec justesse que seule Sarasvati (1) pouvait insufler au jeune professeur cette invraisemblable pouvoir.
Le pandit-raj sentit son orgueil balayé par la présence et les mots plein de nectar de Nimai :
« Pandit-raj tu es sans doute le diamant entre les poètes et les pandits, même les oeuvres des Kalidas, des Jayadev etc, ne sont jamais exemptes de fautes…va te reposer et tu verras les choses sous un autre angle de vision.
Dans la nuit, après avoir récité les mantras propices à la manifestation de la déesse Sarasvati, le digvajayi la vit dans un rêve.
Elle lui dit : « Digvajayi, ne t’étonnes pas de ton apparente défaite, je suis moi-même dépendante de Nimai…les Védas parlent de son incarnation mais tout ceci est très secret, tu ne connais pas ta chance d’avoir été choisi et de l’avoir approché »
(à suivre)
(1)Sarasvati est la déesse de la Connaissance personifiant la parole et le Véda. Son nom signifie le flot. Epouse de Brahma, elle est la déesse de la connaissance et des arts. Elle est la patronne de l'éloquence, des sciences, des arts, des écritures (on lui attribue l'invention du Sanskrit), de la poésie et de la musique. Elle possède quatre bras qui représente les quatre états de la personnalité de l'homme dans l'apprentissage. Dans une main elle tient un livre d'écritures sacrées, dans une autre un rosaire (akshamala). Avec ses deux autres mains elle joue d'un instrument à cordes (veena), symbole de l'art.