Vrindavan, Rupa, les Goswamis et le reste.
Hier je vous promettais un parcours dans le livre de Rupa. Qu’on le veuille ou non, on doit utiliser quelques mots sanskrits et bien qu’ils soient rebutants pour les néophytes on s’y fait vite. Le cerveau doit les enregistrer quelque part et comme il est connu que le sanskrit est une sorte de langue mère de toutes les langues, nos intelligentes neurones doivent stocker cela pour s’en faire un petit bagage « oriental » et le ressortir à bon essient. Il est vrai que pour des mots comme « bhakti » « rasa » « lila » nos traductions qu’elles soient anglaises ou françaises sont loin de l’essence sanskrite ou bengali, tout simplement parce que ces langages originaux ont une spiritualité intrinsèque et que les autres langues ont une histoire bien plus matérialiste. Rupa dans son Bhakti-rasamrta-sindhu (le titre à lui seul est un programme) divise les pratiques en 3 catégories : vaidhi-bhakti raganuga-bhakti ragatmika-bhakti. vaidhi-bhakti est une pratique canalisée par des règles qui ont pour but de purifier le pratiquant et l’amener si possible à : raganuga-bhakti, là l’adorateur est transformé et vit littéralement son amour sur le plan spirituel, avec des émotions correspondantes.(l’exemple parfait est celui des « gopis » (bouvières) de Vrindavan qui aimaient Krishna à Vrindavan au point de penser à lui nuit et jour et d’outrepasser toutes les conventions sociales pour vivre leur passion. Il n’était pas pour elles question de voir sa divinité, toute la personne de Krishna les attirait et lui touché par leur innocent et exclusif amour se donnait sans compter. Quant à ragatmika-bhakti c’est justement cette voie inaugurée par les gopis et que l’être de ce monde ne saurait atteindre tant qu’il vit ici bas mais dont il peut s’inspirer pour arriver à ses fins spirituelles. Comme j’en parlais hier au sujet des émotions, des sentiments qu’un spectacle théatral peut inspirer au spectateur, Rupa incite ses lecteurs à contempler la beauté de Vrindavan, la pureté de ses habitants et ressentir l’amour réciproque qu’ils éprouvent vis-à-vis de Krishna. Ici nous entrons dans le vif du sujet car Rupa en vient à étudier avec grande précision les 5 différentes relations existant dans la lila de Krishna (ses Jeux divins) et nous fait découvrir qu’elles existent à l’état latent en nous….oui nous ! et ignorant que nous sommes nous ne le savons pas. L'âme, éternelle amante, aime, cherche et ressent un manque constant pour son créateur. Sa vocation est l’amour divin mais l’ignorance recouvre sa vision juste et voila ses aspirations laissées de côté. Rupa nous rafraîchit la mémoire, or, un tel cadeau n’a pas de prix, car si ce n’était lui on serait encore dans les œuvres philantropiques pensant que c’est le must de l’existence. vaidhi-bhakti, est donc, l’alphabet de l’amour raganuga-bhakti la littérature de l’amour et ragatmika-bhakti. L’expérience émotionnelle et poétique en soi. Demain je dessinerais une esquisse des 5 relations