le grand Chaitanya (27) suite
Nityananda (ex Kuber) avait sillonné l’Inde en tous sens il avait atteint un stade de réalisation du soi inclassable. Il était un avadhuta (1)et il sentait un manque à son existence. Incarnation lui-même il ne pouvait réellement vivre sans rencontrer le Grand sauveur de Nadia Sri Chaitanya. Leur rencontre fut mystique et éblouissante et certainement j’en viendrais un jour à la décrire mais il s’agit ici de conter un prodige.
Il faut voir comment ces mentors, ces géants de la spiritualité pouvaient capturer les âmes les plus crapuleuses et les placer avec amour dans le moule de la ferveur au point de les amender pour toujours.
Chaitanya était sans conteste l’architecte d’un grand mouvement en formation. Son opposition aux injustices
causées par les musulmans étaient définitivement non violentes, mais si parfois il manifestait quelque colère
divine ses intimes le ramenait au calme en lui remémorant que son incarnation était faite de miséricorde et de pardon.
Chargés de mission, Nityananda et Haridas allaient de par les rues de Navadvip, chaque jour pour alléger le fardeau des fautes des mauvais sujets et le soir donnaient un rapport enthousiaste à leur leader Chaitanya. Un jour cependant les deux canailles qu’ils rencontrèrent appartenaient à une catégorie supérieure…libertins-violeurs, incendiaires,escrocs, criminels etc..la liste de leur forfaits était interminable. Jagai et Madhai Ils s’étaient eux-mêmes baptisés : « kotovals »de Nadia (Policiers en charge du département) en réalité ils profitaient d’une liberté d’action que le sultan musulman leur avait octroyée…et de ce fait, ils plantaient leur camp à différents endroits pour harasser les habitants à leur guise. Ivres en permanence, drogués, ils tuaient eux-mêmes les vaches des brahmes et en cuisaient la viande dans leur campement ( le thana « le poste de police ») Ils étaient nés de famille de Brahmes mais avaient perdu les principes de leur caste. Tandis que Nityananda et Haridas déambulent dans les rues de la ville, plusieurs habitants les observant se diriger vers le campement des deux terreurs n’ont pas le courage d’ouvrir la bouche ! Ils murmurent : En voila deux qui ont décidé de mettre prématurément un terme à leur vie. En plus ils chantent et rient comme des fous…quelle misére ! deux élus de ce calibre, hauts en taille et en bonté, aussi beaux dans leurs atours safran. Jagai et Madhai n’en feront qu’une bouchée Mais Nityananda (Nitai) et Haridas continuait d’avancer vers les deux canailles chantant à tue tête les louanges de Krishna Des larmes d’enivrement mystique troublaient leur vision. Arrivés à portée du campement des truands ils entendirent un rugissement : Eh vous deux, vous ignorez qui sont Jagai et Madhai ? Vous tenez si peu à la vie ! A leur vue Nityananda et Haridas se mirent à courir tandis que les deux autres les prenaient en chasse. Poltronnerie, couardise direz vous ! certes non ! Vu le calibre des deux forbans ils pensèerent que le cas devrait être visionné par Chaitanya et tandis qu’ils arrivaient à destination, les deux autres dans leur saoulerie ne voyant plus personne se retournèrent l’un contre l’autre et commencèrent á se frapper sans compter. (à demain) (1). Toutes les activités, les mots et actes de l’avadhuta sont absents de tout comportement social habituel. Sa bonté extrême lui fait aimer les autres sans distinction. Il peut comme un enfant marcher nu au milieu de la foule. Il ne connaît pas la peur car son niveau de conscience dépasse l’imagination….autant dire qu’il est absorbé par la substance spirituelle que très peu peuvent atteindre.De nombreuses histoires émaillent la vie de Nitai …j’en raconterais d’autres