Le Kund dans toute sa Beauté
Quelques uns me fréquentent, à vrai dire il n’en reste pas beaucoup, car je me
suis éloigné du « bruit et de la fureur »…je ne voyais plus l’intérêt de rester là où l’on ne trouve aucune (comme la nomme si bien mon param Gurudev) sympathique
audience, ou la sympatisante audience, c'est-à-dire les sadhakas qui ont fait de leur vie, une quête vers le haut, ceux dont le zêle ardent est de vivre dans la vérité, ceux qui ne se cachent pas
derrière des dogmes, ou des mots.
Mais qui me connait vraiment ?
Vous me direz quelle importance puis je avoir pour que l’on ait à me
connaître ?
Il faut que vous sachiez que j’ai toujours eu Tout ce que j’ai désiré dans cette
existence, le matériel comme le spirituel. Pourquoi ?
Parce que je suis éternellement enthousiaste. J’en veux !!!!! Je sais
détecter ce qui est bon pour moi.
Un exemple :
Comme beaucoup, j’ai lu le petit chef d’œuvre (traduit et
commenté par AC Bhaktivedanta swami Maharaj) de Rupa Goswami, l’UPADESAMRITA et dans le dernier verset, (bien que le Swami ne soit pas complètement versé dans les secrets de Manjari bhava… et on
peut voir ses limitations, en lisant d’autres textes pointus sur la question) il a, néanmoins encouragé tout le monde et ses disciples en particulier à vivre au Radha Kund, puisque ce
lieu unique est l’endroit royal pour faire le bhajan qui conduit au prema de Srimati Radhika (le summum bonum pour les adorateurs de Chaitanya, les Rupanugas)
J’ai lu cela et l’ai pris très au sérieux.
Mais pourtant, comment comprendre que ses disciples dénigrent ce conseil doré. Si
le but de cette vie est de réaliser le service du Yugal Kisore (Radha Krishna) en developpant son corps spirituel et en le rendant propre à servir intimement Srimati Syama sohagini,( l’objet de
l’affection de Krishna) et que cela peut s'obtenir facilement au Kund pourquoi faire autre chose
Mystère ? Non…
Bien qu’apparemment il ne faille aucune qualification pour Bhakti rasa, il semble
en approfondissant les choses que peu de monde arrive à comprendre l’urgence de cet engagement et de ce fait s'engagent autrement et ailleurs.
Bon en ce qui me concerne
(bientôt je compte mettre dans SARMUNDO une rubrique avec des observations, et histoires et
méditations etc…sur ce qui me concerne, dans la mesure ou cela peut être bénéfique pour les autres. Sinon quel en serait l’intérêt)
Donc pour moi, le conseil de l’upadesamrita de vivre au Radha kund s’est réalisé (qui semble plus être un ordre du Guru qu'un simple conseil)
S’il est dit que c’est la meilleure chose à faire pour un dévot, pourquoi s'en
priver?
Mais pour y arriver, encore faut il avoir cette foi indéracinable qui, si elle
fait défaut dans la bhakti, va conduire le pratiquant à l’errance la plus totale
(voir Madhurya Kadambini 2.7 bhajana kriya l’engagement dans
les pratiques de la dévotion (initial enthousiasme-courir chaud et froid- multiplicités des possibilités-lutte avec les sens-difficulté à suivre des vœux ou des engagements- tourner dans les
vagues)
note : cet ouvrage du génie Visvanath Chakarati est le véritable thermomètre
du bhakta, qui, s’il a une certaine honnêteté peut se voir comme dans un miroir et entreprendre de sortir de sa torpeur.
Donc, non seulement je suis venu vivre au Kund mais par l’effet de Grâces dont je
ne pense mériter le millième, et surtout la Bonté sans limite des vaisnavas j’ai élu domicile sur les berges du Shyama kund, entre les kutirs des Goswamis.
Aussi demain nous jetterons un coup d’œil
par la fenêtre pour décrire les kunjas des gopas (bouviers) et des gopis.
En attendant savourez cet extraordinaire confidence de Radhika écrite par Vasu
Ramananda éternel compagnon de Gaura (Chaitanya).
« N’est il aucune Belle de Gokula que Sri Nanda-nandana n’ait
« souillée » ? Aie, je dois l’avouer je suis une Kalankini (courtisane-femme en disgrâce)et ne peut m’arrêter de verser des larmes. Les gens disent qu’il est mauvais d’écouter ou
de parler des fautes d’autrui, mais toutes les miennes sont chantées dans le Bhagavat, les Védas et les Puranas. Certains parfois les récitent à voix basse, et d’autres en japa. Parfois les gurus
récitent mes fautes et les font pénétrer dans l’oreille des disciples…Aussi je déclare ici que tous ceux qui écoutent sur mes extaordinaires fautes résideront à Vrindavan et
deviendront comme moi. »
Le poète Vasu Ramananda conclut, je suis emporté par l’extase, les mots me font
défaut, seul un flot de larmes coule de mes yeux…..